La bardane, au bonheur de la peau

Considérée en Europe comme une « mauvaise herbe » qui envahit les terrains incultes, cette plante sauvage est, en revanche , cultivée au Japon pour ses racines que l’on consomme comme légume sous le nom de gobo. En Scandinavie, on mange aussi ses feuilles en salades.

Mais la bardane est, en réalité, une plante médicinale dont les vertus sont connues depuis des siècles, tant dans la médecine chinoise que la pharmacopée occidentale.

Des surnoms explicites :

Poussant jusqu’à 1 mètre 50 de haut, avec de larges feuilles épaisses comme celles de la rhubarbe, la bardane possède des tiges hérissée de poils raide et ses petites fleurs rouges donnent des fructification munies de petits crochets, appelées « teignes » ou « lampourdes », qui s’accrochent fortement aux vêtements, aux cheveux ou au pelage des chiens en promenade.

D’où ses nombreux surnoms : « herbe aux teigneux » ou « aux pouilleux » , « grateron », « glouteron » ou « peignerolle ».  Le mot bardane lui-même est l’équivalent de « punaise  » en patois lyonnais.

Une action cosmétique :

Une infusion de feuilles de bardane fraîches ou une décoction de bardane fournit une lotion rafraîchissante aussi bien pour la peau que pour traiter les cheveux contre les pellicules .

Une référence royale :

Connue depuis des millénaires, la bardane, également appelée « chou d’âne » ou « oreille de géant »  à cause de ses feuilles que l’on utilise parfois aussi en phytothérapie, a connu un regain de popularité sous Henri III: souffrant d’une maladie de la peau, il fit confiance à son médecin qui recommanda fortement la bardane et le guérit de son affection cutanée chronique.

Certains auteurs prétendent qu’ils s’agissait de syphilis  maladie contre laquelle divers témoignages rapportent que la bardane est également hautement efficace.

Une triple indication:

La bardane contient des propriétés antibactériennes et fongicides.
Elle contient un antibiotique végétal dont les résultats sont patents en cas d’acné, de furonculose, pour soigner certaines formes d’eczéma ou autres affections de la peau comme le psoriasis et l’impétigo.

Elle est également recommandée pour soigner les ulcères de l’estomac ou les douleurs dues à un mauvais fonctionnement de la vésicule biliaire, ainsi que pour traiter certaines affections de la bouche, telles les gingivites ou les amygdalites.

Enfin elle favorise l’élimination des toxines de l’organisme par une action diurétique et sudorifique.

Une efficace décoction :

En faisant bouillir 30 de racine de bardane séchée dans 50 cl d’eau, qu’il faut ensuite laisser reposer pendant 0 minutes avant de la filtrer, on obtient une décoction, à prendre à raison de 3 tasses par jour, efficace aussi bien pour traiter le diabète que pour soigner une furonculose.

Cette même décoction, sucrée au miel, absorbée par cuillerée à soupe toutes les cinq minutes durant 2 à 3 heures, favorise et soigne l’éruption de rougeole.

Sous forme de cataplasme :

Si ce sont les racines de la bardane qui concentrent les bienfaits de la plante, lesquelles sont d’ailleurs également bénéfiques contre la chute des cheveux en faisant macérer 100 g de racines de bardane dans 10 cl de vinaigre de vin pendant une semaine, pour une lotion à frictionner deux par jour sur le cuir chevelu, les feuilles elles aussi ne s ont pas sans intérêt, car en cataplasme de feuilles fraîches bouillies pendant 5 minutes dans de l’eau salée, elles soignent facilement les bleus et les contusions.

Un peu de vitamine ?

Des travaux expérimentaux, relativement récents, ont mis en lumière que la bardane contient une substance de la famille des vitamines B qui exerce une action bénéfique en cas de diabète, abaissant sensiblement le taux de sucre dans le sang.