L’achillée, ou l’herbe aux coupures

L’histoire de l’achillée mille-feuille, Achillea millefolium, puise ses racines dans l’Antiquité, puisque son nom évoque le légendaire Achille. Lors de la guerre de Troie, ses soldats auraient, selon Pline, étanché le sang de leurs blessures avec cette herbe vivace, qui porte d’ailleurs aussi le nom d’herbe d’Achille.

L’adjectif millefolium évoque l’aspect de ses feuilles finement divisées en minuscules plumets.

Son aspect, son habitat , sa culture :

Très courante, largement répandue dans les régions tempérées, dans les lieux herbeux, le long des routes et même sur les pelouses, l’achillée se reconnait à a ses hautes tiges droites et raides portant des fleurs planes, composées de petits capitules en bouquets denses, blancs ou roses.

Comme elle est assez envahissante, il est conseillé, si ‘on veut la cultiver, de l’isoler dans un pot ou de stopper ses racines en enfonçant des tuiles dans le sol autour des pieds.

La bien-aimée saigne-nez :

L’achillée mille-feuille a la réputation d’être hémostatique. D’où ces autres surnoms d’herbe aux charpentiers », « herbe aux militaires », « herbe aux coupures » ou « saigne-nez ».

On lui reconnaît, depuis de siècles, le pouvoir de stopper les petits saignements, les coupures d’après-rasage, les écorchures et les saignements de nez.

Jadis on lui attribuait aussi le pouvoir de provoquer les saignements de nez, car on pensait que l’on pouvait ainsi guérir les maux de tête.

Ses usages en médecine :

C’est un médecin grec du nom de Discoride , qui fut le premier à signaler l’achillée mille-feuille comme une plante incomparable pour soigner les plaies qui saignent ainsi que les ulcères de peau.

Jusqu’au XIXème siècle , la pharmacopée courante a recours à l’achillée pour accélérer la cicatrisation, et l’on rapporte que , durant la Première Guerre mondiale, un infirmier , à court de médicaments , soigna les blessures légères des soldats avec cette plante.

En termes plus savants, ses propriétés sont antispasmodiques, emménagogues , cicatrisantes, toniques et peptiques.

On appelle emménagogue une plante médicinale qui stimule le flux sanguin de la région pelvienne et l’utérus, utilisée par conséquent par les femmes, pour stimuler l’apparition des règles.

Est peptique une substance qui favorise la digestion.

Un riche folklore :

Surnommée également « ortie du diable » ou encore « sourcil de Vénus », l’achillée jouait aussi un rôle important dans les charmes et les sortilèges.

On en faisait jadis des amulettes et des jonchées sur le seuil des maisons pour éloigner les forces du Mal et l’on  suspendait un bouquet d’achillées au berceau d’un enfant pour le préserver des maladies.

Et si les jeunes époux mangeaient les jeunes feuilles de cette herbe au repas de noces, c’était la certitude de sept ans d’amour et de bonheur.

 Comment l’utiliser ?

Infusion, teinture, extrait liquide et jus, mais aussi cataplasme avec la plante entière ou séchée, tels sont les modes d’emploi de l’achillée.

L’huile essentielle que contient cette plante a des propriétés anti-inflammatoires et antiallergiques ; on la recommande aussi pour l’acné.

L’achillée fait transpirer et se prend en infusion contre les rhumes et la fièvre.

En applications externes , elle soigne les écorchures, les ulcères et les saignements de nez.

Elle est bonne également contre l’hypertension et les indigestions.

Pour la beauté de la peau :

Outre ses propriétés thérapeutiques, l’achillée est également un produit de beauté.

Une infusion légère des sommités fleuries dans de l’eau distillée fournit une bonne lotion nettoyante, tonique et rafraîchissante pour la beauté de la peau.

« Ne pas en Abuser« 

Prise en excès, l’achillée peut provoquer des maux de tête. Sur un épiderme sensible, son suc à la lumière peut provoquer des inflammations. Elle est , en outre , déconseillée pendant la grossesse.

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