L’ortie, contre l’anémie

Ce que l’on sait d’elle en général ne plaide guère en sa faveur, car ce sont surtout les démangeaisons urticantes provoquées par ses feuilles qui laissent des souvenirs cuisants, et pourtant c’est une « bonne » plante, que l’on utilisait jadis, sous forme séchée, comme fourrage pour les canards, les poules et les bestiaux. On retirait aussi de ses tiges une filasse très résistante utilisée en corderie.

De très anciennes pratiques

Jadis, dans les soupes de printemps, l’ortie a toujours été une herbe culinaire d grand intérêt, à la fois tonique et antiscorbutique après les privations de l’hiver. On en faisait aussi des pâtés d’herbes, des bouillies et même une boisson alcoolisée. Et si son nom Urtica vient du latin urere, brûler, ce n’est pas sans raison.La tradition rapporte que les légionnaires romains, lorsqu’ils envahirent la Grande-Bretagne, se fouettaient le corps avec des orties pour se réchauffer.

De la racine à la tige

La sagesse populaire des anciens préconisait l’urtication comme révulsif. On l’ordonnait contre les fièvres, les crises d’apoplexie et l’absence de règles chez les femmes. Diurétique, elle est efficace contre les calculs urinaires, mais aussi contre le choléra. Elle arrête les saignements de nez ainsi que les écoulements désagréables du rhume de cerveau et des voies respiratoires. Elle est reconstituante, dépurative, efficace contre l’acné et les boutons de fièvre, les troubles hépatiques et les ulcères d’estomac.

Une plante injustement méprisée

Alors qu’elle prolifère dans les lieux laissés à l’abandon, dans les friches et sur les décharges, cette plante dominante ne mérite pas le mépris dans lequel elle est tenue: elle est d’ailleurs aujourd’hui réhabilitée pour ses qualités de fortifiant, de régulateur du sang et de stimulateur des fonctions digestives.

Une composition très spéciale

L’ortie possède, parmi les substances qui la composent, de l’histamine et de l’acide formique, ainsi que des vitamines A, B et C, du fer et d’autres sels minéraux. Ses propriétés diurétiques aident l’organisme à se débarrasser de l’acide urique. Sa richesse en vitamine C renforce la capacité d’absorber le fer, d’où l’emploi du jus d’ortie pour soigner l’anémie. L’ortie stimule aussi la circulation et ferait baisser la tension. Ce sont à la fois les feuilles et les racines, fraîches ou séchées, qui en interviennent en phytothérapie.

Un remède contre les rhumatismes

Hacher 3 poignées de feuilles d’ortie, 2 de feuilles et de fleurs de chélidoine, 2 feuilles de chou. Faire macérer pendant 48 heures dans 2 l d’eau de pluie, filtrer et utiliser en applications locales.

Le suc frais d’ortie

Facilement réalisé à l’aide d’un mixeur et de feuilles fraîches: à boire à raison d’un grand verre par jour, comme dépuratif, diurétique et antianémique, mais aussi en compresse ou en lotion, par exemple contre l’eczéma.

D’autres effets bénéfiques

Les décoctions de racines et de feuilles d’ortie sont réputées soigner les pellicules et les affections du cuir chevelu. Elles préviendraient aussi l’alopécie – chute des cheveux-. Quant aux racines en décoction dans du vin blanc et du vinaigre, elles donnent une lotion qui permet de garder de belles mains blanches.

Une lotion antipelliculaire pour tonifier le cuir chevelu

Faire bouillir 100 g de racines d’ortie dans 1 l d’eau pendant 15 minutes et filtrer. Ou bien faire macérer 100 g de racines d’ortie dans 1 l d’alcool à 45° pendant 10 jours et filtrer. À utiliser en friction tous les jours jusqu’à la disparition des pellicules.

Les frictions d’ortie deviennent un remède courant contre les douleurs rhumatismales. Aujourd’hui , on recommande plutôt les infusions des tiges feuillues, coupées au printemps, pour soigner les rhumatismes, l’arthrite et la goutte.

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